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LIRE ICI le Compte-rendu réunion du 8 janvier 2019


Par Nicole Picquart + Didier Minot

La création du groupe « transition » a été décidée en 2018 dans le cadre de la réorganisation du CAC. Nicole a accepté d’en prendre la responsabilité faute d’autres candidats, malgré une charge de travail très importante par ailleurs, parce que c’est un thème qui l’intéresse et qu’elle participe à plusieurs actions sur le terrain.

L’objectif de la réunion du 8 janvier était de faire un document d'analyse du CAC sur les questions de la transition.

Trois documents ont déjà été produits :

Ces 3 textes dénoncent le fonctionnement du système capitaliste et des multinationales, qui prennent le thème de l'écologie et de l'environnement comme une opportunité financière de plus, un nouveau business à exploiter et non comme une nécessité de modifier leurs comportements. En fonction de l'urgence posée aujourd'hui par le réchauffement climatique, face aux entraves faites à l'avancée de la transition écologique, les compromis avec ce système et les entreprises multinationales sont de moins en moins possibles.
Cette orientation ne fait pas l’unanimité :
Pour Jacqueline, il ne faut fermer aucune porte aux entreprises. Il faut se demander pourquoi on a accepté cette évolution jusqu’ici et laisser la place au doute.
Pour Maurice, l’objectif du CAC n’est pas de faire un programme politique. Il faut d’abord s’organiser, faire une feuille de route, et la production d’un fascicule n’est pas prioritaire. Il demande que soit fait un compte rendu de chaque réunion, et qu’on dégage une position commune.
Pour Didier, l’important est que des membres du groupe prennent réellement en charge des tâches de rédaction, d’analyse, de contact.

Les règles de méthodes proposées par Jean-Baptiste lors de la réunion précédente constituent le B-A BA d’un travail de groupe. Elles sont insuffisantes si personne ne travaille.

Discussion sur la mise en place de l’inter-réseau « Changer de cap » et le rôle du CAC
La discussion s’oriente vers un débat autour de la mise en place de l’inter-réseau « Changer de cap », qui a eu lieu la veille. Maurice n’est pas d’accord avec l’objectif d’un rapprochement entre les associations et les gilets jaunes. Il estime qu’il faut prendre ses distances, « faire un pas de côté », car dans les gilets jaunes il y a des aspects positifs et négatifs, et développer un mouvement plus large.
Pour les autres participants, le mouvement des gilets jaunes montre un réveil citoyen. Il fait bouger les lignes. Les gilets jaunes sont majoritairement des gens pacifiques et déterminés, qui traduisent le refus de situations intenables pour le plus grand nombre. La dynamique qu’ils créent fait bouger les lignes, ce que les mouvements classiques n’avaient pas réussi à faire depuis des années. Il faut travailler à la définition de ce qui est nécessaire pour changer de cap, réfléchir aux grands changements qui portent sur différents secteurs : d’autres modes de développement, la limitation du droit propriété, la dictature du numérique, la politique économique, les politiques agricoles, de santé, d’éducation. Il faut s’attaquer à l’évasion fiscale, redonner vie à l’aménagement du territoire, à la démocratie et il faut repenser le fonctionnement de l’économie pour dépasser le capitalisme. Cette démarche politique est celle des gilets jaunes, mais également des marcheurs pour le climat, les défenseurs des services publics et de la plupart des grands réseaux associatifs membres du CAC ou de l’inter-réseau.
Maurice estime que nous ne sommes pas un parti politique. Il faut voir ce qui est à la portée du CAC et définir le champ d’action du groupe de façon plus circonscrite, par exemple autour de la biodiversité ou de l’alimentation.
Que doit faire le groupe ?
Pour Maurice, Le groupe doit définir son champ d’action de façon plus circonscrite.
Didier est d’accord sur l’importance de ces 2 domaines, mais d’autres membres du CAC estiment que l’important c’est le climat, la démocratie réelle, l’égalité hommes-femmes, ou la coopération internationale. L’inter-réseau répond au besoin de convergence, en premier lieu entre les exigences sociales et écologiques, et entre les différentes approches de la multitude de réseaux qui se battent tous dans le même sens de façon cloisonnée. Pour cela, chacun doit se remettre en cause.
Jacqueline propose de faire une carte des associations composant le CAC, identifiant les objectifs et les actions à mener. Maurice propose un document ouvert pour voir s’il existe une dynamique. Dominique estime que ce travail ne nous apprendra pas grand-chose de plus et qu’il faut avancer.
Maurice et Jacqueline estiment qu’il ne faut pas imposer un modèle, que les associations ont demandé à être sollicitées lors des 3 universités d’été et qu’il faut commencer par les interroger.
Didier et Nicole rappellent que le CAC travaille depuis 2015 sur ce thème de la transition, avec une mobilisation au moment de la COP 21 pour sensibiliser les citoyens aux questions écologiques à travers une série de répertoires, puis en 2016 avec un séminaire sur les chemins de la transition et l’amorce d’un travail sur les actions porteuses d’alternatives. Aujourd’hui, il faut répondre à la nécessité de faire converger à court terme les mobilisations qui se multiplient et penser le changement de système en termes d’alternative globale. De plus, on est dans une bataille des idées. Les tenants du capitalisme financier ne reculent devant rien pour multiplier les fausses nouvelles, les manipulations et l’instrumentalisation de la violence.
La décision de préparer un document
On envisage en fin de réunion de préparer un document sur la transition, dont la première partie serait un résumé des 3 textes de départ de Jean-Claude, Didier et Nicole, la 2e partie une explication de ce qui est nécessaire pour changer de cap en s’appuyant sur le travail en direction des mobilisations sociales, notamment les gilets jaunes, et la 3e partie un développement sûr que peuvent faire les associations, en reprenant le document réalisé en juin 2017. Une réunion est envisagée le mardi 19 mars à 14 heures afin d'évaluer l'avancée de cette première partie du document. L’objectif est aussi d’élargir le groupe, notamment à Gilles Rouby et Frédérique Dumont.
Que faire aujourd’hui ?
Cependant, Nicole estime avec le recul, qu’il existe un désaccord sur l’articulation avec le politique, sur les objectifs et sur la légitimité d’un travail sur le changement de système. Pour elle, le rôle du CAC est de susciter un débat transversal en se basant sur le travail mené par les réseaux dans tous les domaines. Chacune travaille sur un secteur particulier : le social, l'écologie, la défense des droits, la citoyenneté, l'ESS... Mais toutes contribuent à une même transformation globale de la société, inscrite dans la charte de principes du CAC. S’il n'est plus en mesure d'accomplir cette fonction, il n'a plus lieu d'être.
Didier a travaillé presque à plein temps, depuis janvier avec Olivier et Frédérique, à la mise en place du site « Changer de cap », à la multiplication des contacts avec des groupes de gilets jaunes et à la mobilisation des différents mouvements citoyens. Il estime que ce travail est aujourd’hui prioritaire, car il donne un contenu plus concret à ce qu’on entend par transition. Le problème n’est pas tant de définir des principes généraux que de définir la stratégie et les mesures opérationnelles pour changer le système (ce que dit NegaWatt).
Il paraît nécessaire de revoir aujourd’hui l’objectif fixé l’année dernière :
- Le CAC n’a plus la légitimité antérieure en matière de transition écologique, faute d’avoir poursuivi la mobilisation et la réflexion entreprises en 2016. Il pourrait la retrouver, au prix d’un intense travail d’animation de réseau, effectué notamment par l’équipe salariée. Il existe en effet plus d’une centaine de personnes en 2017 qui étaient intéressées par un travail interne associatif sur la transition.
- Depuis le 8 janvier, le mouvement des gilets jaunes a évolué, il s’est structuré, avec un catalogue de revendications (Commercy) qui conjugue les exigences de justice sociale, de démocratie, de transition écologique et de droits fondamentaux. Le groupe inter-réseaux a beaucoup avancé. Le site qui s’est mis en place s’appuie sur cette convergence. Didier y a travaillé presque à plein temps depuis janvier. Les contacts se sont multipliés avec des groupes locaux de gilets jaunes, montrant la pertinence de la démarche. Des personnes nouvelles commencent à se mobiliser autour de ce projet, qui n’est pas spécifiquement un projet du CAC mais un projet commun impliquant différentes structures.
- Didier pense se retirer du groupe pour concentrer ses forces sur l’inter-réseaux, dont l’enjeu stratégique semble essentiel. La taille du groupe ne lui semble pas suffisante pour entreprendre un travail autonome qui apporte une réelle valeur ajoutée par rapport aux multiples réflexions entreprises par ailleurs, il propose que des membres du CAC participent aux travaux du CRID, de Réseau Action Climat, etc.

Les désaccords qui sont apparus au cours de la réunion du 8 janvier sont significatifs de l’articulation entre les associations et le politique. Ils peuvent être féconds s’ils débouchent sur une pluralité d’engagements.