Ballast, dossier écoféminisme décembre 2020

Thèmatique : Citoyenneté, démocratie, communs, Autres
Description courte : Dossier de la revue BALLAST
Sans doute faut-il mobiliser le terme « écoféminisme » au pluriel. En effet, depuis son apparition, son usage est très diversement revendiqué, et ce d’autant plus qu’il semble difficile d’en donner clairement l’origine.
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Texte : Dans les milieux militants et académiques français, l’heure semble à la découverte progressive de l’écoféminisme. En manifestation, on ne compte plus les pancartes tout à la fois féministes et écologistes. Né aux États-Unis contre l’industrie nucléaire dans les années 1970 et 80 — et désormais porté en Amérique latine, en Inde ou en Indonésie —, ce mouvement politique et philosophique hétéroclite (culturel, spiritualiste, matérialiste, socialiste, queer ou encore végétarien) corrèle la mise à sac des écosystèmes par le capitalisme et l’oppression séculaire des femmes par le patriarcat. Deux reproches lui sont régulièrement adressés : l’essentialisme et le mysticisme. Reproches plus que légitimes pour toute perspective socialiste matérialiste digne de ce nom. Seulement voilà, l’affaire est plus compliquée : c’est ce que l’animatrice de la chaîne YouTube Game of Hearth, spécialisée en écologie politique et en féminisme, entend défendre ici, déplorant de concert les récupérations réactionnaires et commerciales de ce mouvement. Une invitation à la discussion.